Découvrez quelques pages du nouveau carnet de terrain du FIEP et du FAPAS
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Livre L’Ours Pyrénées Monts Cantabriques


Prolongement de la souscription jusqu'au 10 septembre 2017  à cause des congés 

Découvrez ci-dessous quelques récits du carnet de terrain du livre du FIEP et du FAPAS

 



 

Extraits du nouveau livre du FIEP et du FAPAS, abondamment illustré de documents photographiques et de dessins se rapportant directement aux observations du carnet de terrain. 

Pyrénées : 20 mai, l’ours, expert en construction

Avec deux gardes aragonais, nous débutons un circuit, en vallée de Hecho, sur un terrain accidenté, au cours de cette chaude journée de mai, après une dernière chute de neige d’un mètre. La neige fond rapidement.

Nous laissons la forêt de hêtres, de sapins et de pins sylvestres où nous trouvons des traces d’ours datant de 48h environ.

En marge de l’itinéraire, je trouvais intéressant de prospecter un secteur où j’avais trouvé un terrier creusé par l’ours il y a 11 ans.

Une énorme ombre qui se projette sur le sol attire mon regard : un gypaète barbu plane à quelques dizaines de mètres du sol, en prospectant la partie inférieure de cette zone d’avalanches, pour trouver des os d’isards morts cet hiver.

Nous regardons avec les jumelles les couloirs d’avalanches au-dessus desquels le gypaète a tournoyé, au cas où il y aurait quelque cadavre.

Sur un côté, on voit une étrange excavation près d’un tronc énorme de pin sylvestre. J’ai d’abord pensé qu’il s’agissait d’un terrier de renard mais en nous approchant nous vîmes que c’était bien grand pour un renard.

Sur le côté nord du grand tronc du pin couché sur le sol, quelqu’un a effectué un important terrassement pour boucher l’orifice qui restait entre le bois et le sol. Sur le versant sud, il reste un passage de 60 cm de hauteur qui permet d’accéder à une dépression avec une couche de fougères d’environ 50 cm par 70 cm. Devant le côté sud, il y a un petit pin sylvestre sec qui a été déposé là, comme pour boucher l’entrée.

Des poils d’ours, déposés sur la couche et accrochés à l’énorme tronc qui sert de voute, révèlent que c’est l’œuvre d’un ours. Il est possible qu’il ait passé là l’hiver ou qu’il ait confectionné ce refuge en étant surpris par les fortes chutes de neige de ce mois de mai.

Quelques centaines de mètres plus loin, en revenant par la forêt nous tombons sur une piste d’ours très récente de 24 à 48h maximum. Nous la suivons car elle emprunte notre circuit de retour jusqu’à ce qu’on la perde au pied des falaises.


Monts cantabriques : 27 mai, interaction mâle et femelle avec des oursons

Il est sept heures et demi du matin, le soleil se lève et éclaire le versant d’en face constitué de rochers entrecoupés de zones de pâturages pentues.

A peine balayons-nous le versant avec  nos jumelles, à plusieurs naturalistes du FAPAS et du FIEP, que nous apercevons une ourse suitée de deux oursons de l’année. La femelle est marron avec la tête blonde. L’un des oursons est noir, l’autre marron clair. Les trois broutent de l’herbe, de temps en temps les oursons jouent en se poursuivant et en faisant des cabrioles. Ils sont si petits que par moments les herbes les cachent.

Soudain, à huit heures cinq, la mère se met à humer l’air, comme inquiète.

Nous regardons sur le versant et pour l’instant il n’y a ni homme ni animal à proximité.

Cependant, en regardant plus loin, à huit heures et quart, nous observons comment un ours fait son apparition à une distance d’environ 300 m en ligne droite, en dessous de l’endroit où se trouve la famille.

C’est un mâle noir qui se dirige vers la partie aval de là où ils se trouvent, se déplaçant au milieu des genêts.

A 8h25, la femelle emmène ses petits vers le haut de la pente, vers une zone rocheuse de refuge où il est possible qu’il y ait des tanières. A 8h50, le mâle passe exactement à 50m en dessous du secteur où l’ourse et les oursons pacageaient. Il flaire le sol, mange, bouge et finalement poursuit son chemin tout en broutant jusqu’à ce qu’on le perde de vue dix minutes après, tandis qu’il s’éloignait au milieu de la végétation arbustive.

Lorsqu’elles ont des oursons nouveau-nés, les ourses cherchent des endroits reculés, difficiles d’accès, même près des villages, loin des sentiers que parcourent les grands mâles à la recherche de femelles avec qui s’accoupler.

C’est une défense des mères contre les infanticides de la part des ours qui ne se sont pas accouplés avec elles l’année précédente et qui ne sont pas les pères des petits.

 Bulletin de souscription 




le 22/07/2017 - 08:18:19
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