Protection de l'Ours et de son habitat > L'ours s'invite aux assises de la biodiversité à Pau

Publié le 14/06/2011

L'ours s'invite aux assises nationales de la biodiversité à Pau.

La coordination associative pour l'ours (CAP Ours) s'est rendue aux assises nationales de la biodiversité ce matin 14 juin 2011. Gérard Caussimont, président du FIEP, a lu un texte commun en ouverture des assises afin de dénoncer le reniement de la parole donnée et de réclamer un signe fort de la part de l'Etat pour sauver l'ours en Béarn. Des tracts ont été distribués aux participants. Des peluches, des banderoles et des silhouettes d'ours avec l'inscription "Rendez-vous après la sécheresse !" étaient disposées également à l'entrée des assises.
Un communiqué de presse a été diffusé aux médias présents.
Voir dans "la suite du texte" le communiqué en question. 
  

Communiqué de la coordination Cap ours / 14 juin 2011
Non à l’extinction de l’ours, fleuron de la biodiversité en Béarn
   Quelle occasion manquée par la ministre de l’écologie ! Elle aurait pu annoncer le sauvetage in extremis de l’ours en Béarn, à l’occasion des Assises nationales de la biodiversité.
Le 19 mai dernier, la ministre de l'écologie présentait la stratégie nationale de la biodiversité 2011-2020. Le 1er juin 2011, elle annonçait qu’elle renonçait au renforcement d’une ourse en Béarn, où il ne reste plus que deux mâles. Son prédécesseur, Mme Jouanno, avait annoncé ce lâcher en juillet 2010.
Le Gouvernement doit être cohérent, et porter des mesures fortes, structurantes et emblématiques pour préserver la biodiversité.
Ne pas lâcher de femelle c’est signer l’arrêt de mort de l’espèce dans les Pyrénées occidentales, où elle n’a jamais cessé de cohabiter avec l’homme depuis la nuit des temps.
C’est porter un coup à la biodiversité du Béarn, où l’ours est le symbole d’une montagne pyrénéenne qui attire tous les ans des millions de visiteurs. C’est faire disparaitre un élément du patrimoine culturel de notre région où « Lou pédescaous », « lou moussu » a le droit d’exister autrement que comme personnage du « carnaval biarnés ».
C’est en Béarn que la plupart des mesures qui ont permis la cohabitation entre l’ours et le berger ont été inventées et ont contribué à ce qu’une génération de bergers puisse vivre et travailler en montagne dans des conditions plus modernes et plus sures.
Pour des raisons électoralistes (officiellement la sécheresse) le gouvernement renie sa promesse. Il n’y a pas de sécheresse dans la montagne du Béarn. Les problèmes financiers, les contraintes réglementaires, le manque de main d’œuvre, la concurrence, les maladies, les dégâts de chiens, font plus de ravage que les 7 brebis mangées en 2010 par les deux malheureux ours encore présents en Béarn et correctement indemnisées.
Aujourd’hui, à l’occasion de ces premières Assises nationales de la biodiversité qui se tiennent dans la capitale du Béarn, nous lançons un appel solennel contre l’extinction sous nos yeux de ce symbole de la biodiversité pyrénéenne. Cap ours demande le lâcher d’une ourse à l’automne 2011*.
C’est une obligation morale par rapport aux générations futures, c’est une obligation de la France vis-à-vis des engagements internationaux qu’elle a signés, c’est une obligation para rapport à la charte de « développement durable des vallées béarnaises  et de protection de l’ours » signée en 1994 et renouvelée en 2004 par l’Etat, le Conseil Régional d’Aquitaine, le Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques, 20 communes, les représentants des chasseurs et des éleveurs. Aucun de ces signataires n’a honoré sa parole. Tous prônent aujourd’hui la défense de la biodiversité et le développement durable.

La meilleure manière pour les citoyens de juger la façon dont leur pays traite sa biodiversité est certainement de regarder ce qu'il fait pour des milieux emblématiques comme les zones humides ou les forêts non exploitées. Et de voir s'il relève les défis posés par la raréfaction, voire la disparition d'espèces connues, d'espèces parapluies comme l'ours.
Ou alors, si nous ne sommes pas capables d'inverser le cours des événements pour ces espèces en grand danger, cela signifie que la France ne tiendra pas ses engagements internationaux, même avec beaucoup de retard. Car qui pourrait croire qu'elle va dans les délais impartis enrayer l'érosion de sa biodiversité, restaurer les habitats naturels de ses espèces sauvages et faire atteindre un bon état à ses cours d'eau ?
Faute de plan de restauration, nous avions une promesse, mais elle n'a pas été tenue. Pire, la marche arrière s'est opérée au milieu du gué, alors que les feux verts avaient tous été donnés et que même les opposants avaient admis ce remplacement des ours tués du fait de l'homme. Reculer au dernier moment, c'est adresser un très mauvais message à ceux qui prétendent que l'ours n'a plus sa place dans les Pyrénées. Puisque ce remplacement des ours tués ne se fait décidément pas, que vont conclure ceux qui savent que le noyau dit "central" ne tient qu'à la survie de moins d'une demi-douzaine de reproducteurs ?

Ce coup mortel porté à l'un des fleurons de la biodiversité en France, à l'un de ses symboles les plus populaires, les plus connus, ce n'est pas qu'un désastre scientifique. C'est aussi une catastrophe culturelle, la fin d'une histoire pluri millénaire, celle de la présence dans la montagne de l'homme et de l'ours, celle de leurs rapports empreints de respect, de peur et d'admiration.
Nous pensions pourtant que cette vieille excuse  de  la protection de la nature qui doit composer avec le développement économique  ne serait plus mise en avant au moins par une ministre de l'Ecologie. 
La biodiversité n'est pas une contrainte mais une richesse, et elle doit être traitée comme telle. Si ce discours n'est pas audible dans un pays du G8 et que la biodiversité est toujours perçue comme le substrat  des activités économiques, ce n'est vraiment pas la peine d'aller expliquer son importance aux pays émergents qui de plus n'ont pas besoin de nous pour faire mieux que nous.
Comprenez que nous soyons incapables, dans ces circonstances, de participer à des travaux sur la biodiversité en général quand on lui fait très concrètement et très sciemment si grand mal. Nous allons vous quitter en espérant vous retrouver plus tard, quand ce gouvernement ou un autre, et nos décideurs finiront par mettre leurs actes en phase avec leurs discours.

Espérons qu’il ne  sera pas trop tard pour l’ours, le gypaète, le tétras, le pic à dos blanc, etc. et pour l’être humain.

Association Pyrénéenne des Accompagnateurs en Montagne 66, section Catalane du Syndicat National des Accompagnateurs en Montagne (APAM 66), Altaïr Nature, APATURA, Association Nature Comminges (ANC), Comité Ecologique Ariégeois (CEA), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), FERUS (Groupe Loup France/ARTUS), Fonds d’Intervention Eco-Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement Midi-Pyrénées (FNE Midi-Pyrénées), France Nature Environnement Hautes Pyrénées (FNE 65), WWF France, Mille Traces, Nature Midi-Pyrénées, Nature Midi-Pyrénées comité local Hautes-Pyrénées, L’œil aux aguets, Pays de l’Ours-ADET (Association pour le Développement Durable des Pyrénées), Société d’Etude de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud Ouest section Béarn (SEPANSO Béarn), Société Française pour l'Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM), Sours.


Silhouettes d'ourses taille réelle réalisées par le FIEP à l'entrée des assises.


"A la memoire de la stratégie pour la biodiversité trop tôt disparue" 

Cet article fait partie du sujet : Actions associatives communes pour l'ours

Le texte le plus lu à propos de "Actions associatives communes pour l'ours" : Grâce aux plaintes à l'Europe, la France va devoir sauver l'ours en B


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